Depuis 20 ans, le
numérique s'insère partout et ce n'est que le début.
Que les industriels
« historiques » le veuillent ou pas. De nouvelles
industries, vieilles de quelques années, sont en train d'inventer de
nouvelles règles, de nouvelles lois, de nouveaux modèles
d'affaires. Elles n'ont pas les mêmes "pas de temps" d'innovations.
Elles bousculent maintenant tous les secteurs et dégagent des
profits colossaux. Elles conçoivent des produits et services qui
modifient profondément nos modes de vies, qui s'insinuent au plus
près de notre intimité. En utilisant massivement nos traces
numériques, elles ont réussi ce que toute industrie a toujours
rếvé : faire participer en continu les clients à la
conception et la mise au point des produits ou services sans aucune
rémunération. Amazon annonce que 40 % des ventes sont
réalisées à partir des propositions du moteur numérique qui est
lui-même alimentés à partir des commentaires, achats des clients
eux-mêmes. Le numérique permet également d'inclure toutes les
innovations externes si on est capable de les collecter, de les
aspirer et d'une certaine façon de séduire. Quand on ajoute à cela, des progressions géométriques des
capacités de calcul ou des baisses de prix, nous sommes bien en
présence d'un changement tout à fait inédit qui va progressivement
impliquer 7 milliards d'humains. Le livre l'âge de la multitude de MM.Colin et Verdier étudie particulièrement ce phénomène (voir mes notes et extraits).
L'industrie automobile a choisi de concevoir, développer et commercialiser des produits qui s'adaptent à tous les territoires, tous les usages, et tous les clients. Après une formation simple (le permis de conduire), le même véhicule peut être mis entre toutes les mains. Ainsi, il a été choisi d'optimiser uniquement le véhicule. Cette stratégie "enveloppe" a atteint clairement sa limite. Devant la complexité quotidienne de nos déplacements, toutes les innovations placées dans le véhicule seul ne sont pas suffisantes; il convient d'optimiser dès le départ le véhicule et le conducteur dans son contexte. Et paradoxalement, il est désormais probable que la meilleure optimisation consistera à supprimer le conducteur ...
Plusieurs articles ont été rédigés sur le basculement que provoquera l'arrivée des cybercars à la fois pour les constructeurs, mais également pour les opérateurs de transports publics, car cet objet permettra de réaliser des services inédits. Plus que tout, cet objet assurera simultanément des bénéfices individuels et collectifs facilement compréhensibles qui accélèreront les changements de comportement (voir les articles rédigés sur la notion d'holoptisme). L'objectif est ici de présenter la stratégie d'un acteur du numérique, Google, et de souligner la nouvelle bataille en cours dans le domaine des cartes qui révèle l'importance de maîtriser cette représentation du monde physique.
Le principal concurrent de Google n'est pas Apple ni Microsoft, mais Amazon d'après Business Insiders. Pourquoi, tout simplement parce qu'Amazon vend directement à partir d'un ou 2 clics alors que Google vend des publicités qui peuvent potentiellement faire vendre. Pour cela, Amazon a réussi, mieux que tous les autres, le principal : connaître ses clients, leurs goûts, leurs habitudes, leurs envies, et simplifier, simplifier, simplifier encore l'acte d'achat : un seul clic. Avec Locker, Amazon complète sa panoplie pour faciliter la rencontre avec la marchandise. L'expérience acquise par cet acteur hors norme le placera bientôt dans une situation unique : notre principale place de marché.
Nous sommes en train d’entrer dans une nouvelle ère concernant la production des objets qui nous entourent. Si nous modifions les modes de production, la logistique et les flux seront entièrement changés, et plus important encore, nos relations à ces objets pourront être très différentes.
Après avoir fait entrer le numérique dans le marketing, la conception et les outils de production centralisés, ce dernier pourrait jouer un rôle majeur dans de nouvelles façons de produire des composants puis des objets de façon décentralisée. Ce nouveau mode de production permettra de modifier profondément nos relations aux objets ou bien, à l’inverse, renforcera la production à la demande, le juste à temps, l’obsolescence programmée en inventant de nouveaux canaux de distribution au plus du consommateur. Encore une fois, les technologies ne sont qu’un moyen nous permettant de changer notre environnement, notre relation aux matières premières et aux autres, de comprendre nos dépendances et nos fragilités.
Enorme (70 000 m2), cet entrepôt de Saran (Loiret) où en ce moment 2 000 personnes travaillent 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, est censé disposer d’au moins un exemplaire de chaque produit vendu par le géant du commerce en ligne. C’est dire ! Visite de cet endroit très particulier ...
Les commentaires récents